• Cartouche

    On trouve encore en cherchant un peu des masses de « Cartouche Roi des voleurs » publiées chez Fayard dès 1883. En gros volumes, par paires, en paquets de six, cette histoire a été maintes fois rééditée.

    Mais les fascicules sont plus difficiles à trouver. Parus en septembre 1907 chez Fayard et imprimé par la Société anonyme des Imprimeries Wellhoff et Roche, 124 boulevard de la Chapelle à Paris, cette énième réédition se plie aux désirs des lecteurs du début de siècle : de la couleur, de l’action, du suspens, et du petit format facile à transporter.

     Affiches publicitaires pour la série de 1907-1908

    Ecrite par Jules de Grandpré (Jules Beaujoint 1830-1892), journaliste et romancier féru d’histoire, l’histoire de Cartouche est plutôt sanglante. Il faut dire que cet ancien mercenaire allemand (de son vrai nom Garthausen qui sera francisé en Cartouche) ne faisait pas dans la dentelle quand il fallait « écorcher » le chaland…

    Les premiers exemplaires de la série

    La série comprend 38 titres de 32 pages en tout, et est illustrée par Georges Conrad (1874-1936) illustrateur attitré de Fayard et Hachette.

    1 Cartouche
    2 La revanche de Cartouche
    3 L’Homme-mystère
    4 Le mariage de Chant-d’Oiseau
    5 Cartouche en famille
    6 Les héritiers de la peste
    7 Cartouche passe la police en revue
    8 La tentation de Jeanneton-Vénus
    9 Un rendez-vous sanglant
    10 Le chirurgien des voleurs
    11 Tribunal de famille
    12 Le dernier jour d’un condamné
    13 A la Salpêtrière
    14 Cartouche fait la conquête de Mlle Castelet
    15 La police aux abois
    16 L’arrestation de Cartouche
    17 Le mendiant de Montrouge
    18 Au Châtelet
    19 Les derniers jours de la Grande Jeanneton
    20 L’évasion
    21 Pélissier et sa clique
    22 Le secret de l’Anguilleuse
    23 Jeanne au couvent
    24 La ruse de Dom Ramire
    25 Les exploits sanglants de Dom Ramire
    26 Une nuit de noces terrible
    27 Le rendez-vous de minuit
    28 Les tortionnaires
    29 Le chevalier de Jean de Lys
    30 Le couvent des Saints-Anges
    31 Fils de bohémienne
    32 Le capitaine de minuit
    33 Les bouges de Paris
    34 La chambre de torture
    35 Bicêtre
    36 La maison de la pendue du Roy
    37 La revanche du bandit
    38 Le châtiment

    Pas facile à trouver !

    _____________

    Jules de Grandpré est aussi l’auteur de plusieurs autres histoires historiques dont « L’Auberge sanglante de Peirebeilhe » qui sera un véritable succès populaire dans la France entière en 1888, puis réédité chez Fayard pendant plusieurs décennies.

    Affiches publicitaires pour des romans de Grandpré

    Merci à Gilles B. pour ses compléments.

  • Editions La Vague

    Collection policière parue au tout début des années soixante chez la maison d’édition La Vague, et publiée près d’Andrézieux tout à côté de Saint-Etienne.

    Sans doute le début de la collection …

    La curiosité de cette série réside dans le fait que Michel Durafour, homme politique et ancien maire de Saint-Etienne, publie ses histoires sous divers pseudonymes. Il se cache ainsi sous les noms de Cecil Viborg, Rémi Sibel ou Pierre Jardin.

    … réimprimés avec des couvertures illustrées.

    Il semblerait que les premiers titres soient sortis sous couverture couleur avant d’être réimprimés sous des couvrantes illustrées (par qui ?…).
    Il semble aussi qu’au moins une aventure de Pascaline a fait l’objet d’une adaptation télévisuelle dont je n’ai pas trouvé trace.
    Le genre de petite série qui fait partie intégrante de la richesse du polar français, à redécouvrir.

    Indice 5/10.

    552 Un cadavre dans un coffre-fort par Rémi Sibel (1960)
    553 Pascaline mène l’enquête par Pierre Jardin
    554 Qui a tué Jules César? par Just Borel
    555 Un pendu dans le vent par Cecil Viborg
    556 La mort au 421par Rémi Sibel (1961)
    557 Pascaline contre Pascal par Pierre Jardin
    558 7 rue de l’Evangile par Georges Gauthier
    559 L’inconnu du festival par Jean Gabriel
    560 Marches funèbres par Philippe Dieze
    561 Crimes burlesques par Just Borel
    562 Du sang sur le blanc-bleu par Georges Gauthier
    563 A bout portant par Emil Anto
    564 Anges purs par Vincent Lane
    565 Vertige dans la rue droite par Georges Gauthier
    566 La mort a fait long feu par Philippe Dieze
    567 Des bijoux à la mer par Elisabeth Grigny

  • De tout un peu : Curiosa /33

    Ce matin, j’ai sorti des rayons de vieux ouvrages parfois fort rares. Tous publié dans les années 20-30, leurs couvertures interpellent parfois…

    Un fantôme de l’Opéra mi-homme mi-chien, un cadavre à cheval, une belle sans chemise, quelques Gaston Leroux et Maurice Renard à redécouvrir, un fou de la collection « Dix heures d’angoisse » chez Ferenczi… Tout pour passer de belles soirées d’hiver en perspective…

    Indice 8/10
    Nota : Pour des raisons de mise en page, certaines échelles ont étés modifiées.

  • Lady Fantôme

    La « Lady Fantôme » en question, c’est une jeune femme au chapeau orange qui disparait alors qu’elle est la seule a pouvoir assurer l’alibi de Scott dont l’épouse vient d’être assassinée…
    Mais pourquoi plus personne ne se souvient d’elle ?

    Ce livre à suspense écrit par William Irish (pseudonyme de Cornell Woolrich) en 1942 parait chez Fournier-Valdès en France en 1948, traduit par Edmond-Michel Tyl. C’est un grand classique de la littérature policière.

                                     Edition originale 1942                Pocket 1944

    Bizarrement, sur la couverture de l’édition pocket américaine parue en 1944, on trouve un sous-titre en français dans le texte : « Cherchez la femme ».

    Un film sera immédiatement produit par Hollywood en 1944 dirigé par Robert Siodmak (titre en français : Les mains qui tuent).

    Indice 8/10.

  • Edward Brooker

    Etrange que pour l’instant personne n’ait étudié la vie et l’oeuvre de ce romancier… Edward Brooker, de son vrai nom Edouard Ostermann, a publié en 1932 un ouvrage en Allemagne (Achtung !… Gaz ! chez Eden-Verlag à Berlin).

    On le retrouve en 1934 avec un titre publié chez V. d’Ercole, libraire-éditeur à Paris : Le bacille BX766.

     Premier ouvrage signé Brooker

    L’année suivante, il publie deux titres sans doute à compte d’auteur chez la librairie des Vosges où il travaillait :

    Librairie place des Vosges à Paris
    Second titre : La Maison sans fenêtres.

    Puis c’est Georges Ventillard qui édite ses romans policiers à un rythme soutenu : plus de cinquante titres en quatre ans, soit un par mois ! Ce rythme est étonnant, d’autant plus que sur nombre de livres il est précisé qu’ils furent traduits. Alors Brooker écrivait-il en allemand ? Ou avait-il déjà un stock de manuscrits ?

    Son premier titre français réédité chez Ventillard

    … Ou copiait-il simplement des titres existants en les remodelant (en prenant par exemple les romans d’Edgar Wallace ?) Mystère, mystère.. Publier chaque mois un roman de 224 pages n’est pas choses simple, surtout pour un écrivain salarié d’une librairie…

    Edward Brooker était peut être aussi photographe. Est-ce lui qui s’est mis en scène sur les couvertures de ses ouvrages ? Beaucoup de questions sans réponses pour le moment.
    Autre fait intriguant : Brooker invente dans ses romans nombre de noms propres totalement inconnus (Criswold, Somolow, Colpatroz, Pikipili, Mamilloria, Systratis, Ekhampton, Hakawara, Yagawor, Toobo…). Imagination débordante ?

    « Kahlenberg » est le nom d’un bois près de Vienne en Autriche, et « Mischmasch » signifie méli-mélo en allemand, ce qui pourrait nous mettre sur la piste d’une personne d’origine germanique.

    En 1940, Ventillard sort la série Rex comprenant certains romans signés Brooker :

     
    Cinq titres de la Col. Rex

    Il écrit aussi dans la série Minuit sous le pseudonyme de Linton Powell :

    Deux titres de la Col. Minuit

    Pendant la guerre, il arrête le roman policier pour écrire de petites séries d’aventures chez les Editions et revues Françaises (ERF) avec de superbes couvertures colorées signées Robert Dansler : Pao-Tchéou (le Maître de l’invisible), Captain Chester Buxton (du Spécial Squad), Mister Nobody (l’homme au masque de satin), et sans doute Capitaine Bras-qui-venge (la terreur des pirates).

    Revues d’aventures et policières chez ERF

    On retrouve certains de ses textes toujours chez ERF, en compagnie de Léo Malet, Priollet, Nizerolles, Fronval et d’autres dans la collection Carré d’As :

    Quelques titres parus encore chez ERF

    Il disparait de la circulation en 1947 (parti en Australie, parait-il … où on perd sa trace. Pas un seul livre signé Brooker au pays des koalas !). Voici donc un romancier atypique qui a dû vendre quelques tonnes de livres puis s’est arrêté ? Etrange…

    Quelques années plus tard, ses histoires de Pao Tchéou ressortent chez la Société d’Editions Générales (SEG) sous la série Le Maître de l’invisible (1953-1956). Cette série est achevée sous le nom de Sam P. Norman. Peu de chance qu’il ait été au courant !

    La maison
    sans fenêtres (1935)
    Les caisses
    de Monsieur Lissac
    La mort
    vient à 6 heures
    La treizième
    main
    Criswold
    mansion (1936)
    L’énigme du
    Kahlenberg
    L’étrangleur
    La vengeance
    de l’invisible
    Le fantôme
    écossais
    Le squelette
    vert
    Les yeux
    tatoués
    Le mystère
    du paon
    L’onyx de
    Somolow
    Le yacht de
    la mort
    L’amiral
    Corbier (1937)
    La chambre
    mauve
    La machine
    infernale
    Le
    laboratoire du docteur Bass
    Le bacille
    BX 766
    Le cercle
    bleu
    Le club du
    serpent noir
    Le décapité
    Les 7 Colpatroz
    Le marchand
    d’horreurs
    Phare n°313
    Pikipili
    Le secret du
    Mamilloria
    Systratis
    Terreur sur
    Ekhampton
    Trois as
    Cave n°3
    (1938)
    La fille de
    Belzébuth
    Hakawara
    La voix qui
    tue
    Le roi du
    racket
    Le schnouf
    Le pendu de
    Blackport
    Les requins
    d’Hollywood
    Les sorcières
    du malheur
    Zacharie
    Boniface
    Baby-face
    (1939)
    Doc ne
    pardonne pas
    Les veuves de
    l’arsenic
    L’homme de
    minuit
    Mischmasch
    La mouche
    noire
    Le
    prisonnier du Yagawor
    Santa Lonya
    Sigono
    contre la police
    Les
    surprises de M. Boulet
    L’invulnérable
    Toobo

  • René Girier dit « René la canne »

    La vie de René Girier n’a pas été toujours drôle. Né en 1919, il fugue à 10 ans, se retrouve en mason de correction à 14, puis en prison à Fresnes. Sa spécialité pendant la guerre de 40 est le braquage « à vélo ». Mais il ne pédale pas assez vite et se prend une rafale de chevrotine dans la jambe, ce qui lui vaut de boiter et le surnom dans le milieu de « René la canne ».

     René la canne avec des pincettes.
    Photo © Maurice Jarnoux – droits réservés

    Avec Pierrot-le-fou, il braque coffre et banques (en traction avant), il dévalise un train rempli d’or, il fait le projet d’enlever Rita Hayworth, s’évade onze fois de prison… Le 26 janvier 1951, il est mis à l’ombre par le flic Roger Borniche, coincé par surprise à la sortie d’un cinéma.
    Une solide amitié naîtra entre les deux hommes qui s’apprécieront beaucoup par la suite.

    Ses mémoires paraissent chez André Martel en 1952 sous le titre « Chienne de vie », couverture avec un petit dessin de Brantonne. Cet ouvrage existe-t-il avec une couverture illustrée ?

    Ed. André Martel, 1952

    Après sa sortie de prison en 1956, il est embauché par la mère du Prince Rainier de Monaco (alors visiteuse de prison) comme homme à tout faire. Puis René Girier ouvre une librairie à Reims mais retombe pour proxénétisme quelques mois plus tard.

    Ed. de la Table ronde, 1977

    Suite à la médiatisation des mémoires de Borniche, il publie les siennes mais s’embrouille avec son éditeur contre qui il porte plainte. Il finira plus ou moins dans la misère. Chienne de vie …

  • Collection Les Romans Américains

    Les éditions Ferenczi proposent au début des années cinquante une collection de livres policiers directement issus des pulps américains. Après tout, afin de profiter de la nouvelle littérature venant d’outre-Atlantique, pourquoi ne pas se nourrir à la source ?

    Les ouvrages de la collection « Les Romans américains » sont des traductions de polars qui viennent de différentes séries en vogue aux U.S. comme les séries Cameo, Venus, Original Books, Stork, Intimate Books etc …

     Editions originales américaines…

     reprise avec le n°62.

    Un certain nombre d’ouvrages sont écrits par Harry Whittington (1916-1989), romancier américain prolifique qui produisit en trente ans environ 80 polars de bonne tenue. Il signe dans cette série également sous le pseudonyme Whit Harrison.

    Peggy Gaddis (Erolie Pearl Gaddis Dern 1895-1966), quand à elle, signe pas moins de 17 titres. Il faut dire que cette romancière américaine en a produit plus de 280 durant sa carrière !

    Certains ouvrages de cet auteur sont parus en 1953-1954 dans une autre série policière chez Ferenczi, la collection Le Fantôme.

    Les couvertures sont mêmes reprisent en intégralité pour une bonne partie d’entre elles. C’est dommage, on aurait aimé voir un Jef de Wulf ou un Jihel se faire plaisir à les redessiner.

    Le n°12 de la série et son édition originale

    Le n°51 de la série et son édition originale

    La liste des éditions originales a été réalisée par Jean-François Le Deist et certaines covers viennent du blog de Rick Sidge « Sleazy Digest Books » avec ses superbes pin-up.

    1 – La passante de minuit – Gene Harvey (Cameo #305 Pick Up At Midnight 1951)
    2 – Tout pour le péché – Kermit Welles (Cameo #307 Sin Preferred 1951)
    3 – Lèvres pourpres – Peggy Gaddis (Venus #127 Painted Lips 1951)
    4 – Les amours et les nuits d’Alice Brandt – Gene Harvey (Cameo #301 Loves of Alice Brandt 1951)
    5 – En voulez-vous ? Elle en a… – Kermit Welles (Venus #128 She Had What It Takes
    6 – Elle essaya d’être sage – Florence Stonebraker (Venus #133 She Tried To Be Good 1951)
    7 – Une fille appelée Joy – Gene Harvey (Cameo #309 A Girl Called Joy 1951
    8 – Une vie de péchés – Glenn Watkins (Stork # 3 Sinful Life 1950)
    9 – Infirmière de nuit – David Charlson (Venus #135 Night Nurse 1951)
    10 – Asservie au plaisir – Kermit Welles (Cameo #310 Pleasure Bound 1951)
    11- Pas d’homme à elle – Florence Stonebraker (Cameo #300 No Man Of Her Own 1951)
    12 – Ne regarde pas le mal – Kermit Welles (Original #710 See No Evil 1952)
    13 – L’amant passionné – Harmon Bellamy (Venus #109 Lover Boy 1950)
    14 – Carrefour du désir – Amos Hatter (Cameo #321 Crossroads Of Desire 1952)
    15 – L’imprudente – Joan Sherman (Venus #138 Reckless ! 1952)
    16 – Femme de feu – Peggy Gaddis (Cameo # 317 Woman Of Fire 1952)
    17 – Appelez ça mariage – Gail Jordan (Venus #146 Call It Marriage 1952)
    18 – Amants au soleil – Joan Sherman (Venus #143 Lovers In The Sun 1952)
    19 – Infidèle – Peggy Gaddis (Venus #142 Unfaithful 1952)
    20 – Affaire secrète – Amos Hatter (Cameo #308 Secret Affair 1951)
    21 – Vouée au mal – Harry Whittington (Original #708 Forever Evil 1952)
    22 – Les amants traqués – Peggy Gaddis (Venus #149 Runaway Lovers 1952)
    23 – La passion est femme – Kate Nickerson (Venus #152 Passion Is A Woman 1952)
    24 – Un amour condamné – Harry Whittington (Universal Giant Books #1 Prime Sucker 1952)
    25 – Le bel amour d’une infirmière – Sylvia Erskine (Cameo #324 Young Nurse 1952)
    26 – La fugitive – Lewis Dixon (Cameo #335 Wild Girl 1952)
    27 – Les amants de minuit – John Caldwall (Carnival #902 Midnight Sinners)
    28 – Les amours d’une vedette – Jane Manning (Venus #150 Affairs Of A Leading Lady 1952)
    29 – L’ardente carrière d’un modèle – Norman Bligh (Ecstasy #5 Intimate Confession of an Artist’s Model 1950)
    30 – La fleur de la passion – Richard Grant (Uni Books # 30 Eurasian Girl 1952)
    31 – Un amour déchainé – Whit Harrison (Original #718 Savage Love 1952)
    32 – Le club du pêché – Harry Whittington (Carnival #923 Sinners Club 1953)
    33 – Le fille des marais – Perry Lindsay (Intimate # 11 Swamp Girl 1951)
    34 – Passion – Gail Jordan (Stork #5 Passionate Lover 1950)
    35 – Le septième femme – Barry De Forrest (Intimate # 12 Seventh Wife 1951)
    36 – Flamme – Ray Booth (Universal Romance #2 Red Hot 1950)
    37 – L’amour de l’amour – Wright Williams (Stork #2 Lust For Love 1950)
    38 – Une fille solitaire – Peggy Gaddis (Venus #172 Farmers Woman 1953)
    39 – Casse-cou – Luthor Gordon (Quarter #31 Wicked ! 1949)
    40 – Veronica – Gerald Foster (Quarter # 43 Vera Is A Tramp 1949)
    41 – Le mauvais ange – Peggy Gaddis (Croydon # 69 Scandalous Nurse 1954)
    42 – Amours de plage – Ralph Douglas (Cameo # 319 Beach Party 1952)
    43 – Elles le veulent toutes – Matthew Clay (Cameo #343 Slum Doctor 1954)
    44 – La pente dangereuse – Whit Harrison (Original #742 Shanty road 1952)
    45 – La brûlante filles des collines – Ann Lawrence (Uni Books #36 Hoyden Of The Hills 1952)
    46 – La fille des îles – Amos Hatter (Cameo #318 Island Ecstasy 1952)
    47 – Les soeurs rivales – Kermit Welles (Venus #144 Innocent Wanton 1952)
    48 – Jerry fait du scandale – Bart Frame (Croydon 59 Scandals At A Country Club 1954)
    49 – La chair est faible – Sylvia Erskine (Cameo #332 Nurses’ Quarter 1953)
    50 – Le chassé-croisé amoureux – Watkins E. Wright (Quarter #58 The Moneymooners 1950)
    51 – Une blonde du tonnerre – Florence Stonebraker (Cameo #304 Naughty Blonde 1951)
    52 – Deux garçons et une fille – Ross Sloane (Quarter # 52 Three Naked Souls 1949)
    53 – Jeunesse damnée – Jane Manning (Cameo #330 Reefer Girl 1953)
    54 – Cléo – Frederic Spencer (Cameo #327 Cleo 1952)
    55 – L’entraîneuse – Ruth Lyons (Lev Gleason #101 Hotel Wife 1949)
    56 – La fille de Sheila – William Arnold (Original # 717 Sheila’s Daughter 1952)
    57 – Suzanne se réveille – Thomas Stone (Lev Gleason #104 Passion’s Darling 1949)
    58 – L’ile du péché – William Vaneer (Croydon # 49 Sinful Island Vacation 1949)
    59 – Etude de nu – William Arnold (Venus #139 The Naked Canvas 1952)
    60 – Le guet-apens – Joan Sherman (Croydon #60 Two-Timing Wife 1953)
    61 – Une parfaite secrétaire – Gail Jordan (Croydon # 23 Sins Of A Private Secretary 1952)
    62 – Anne prend un amant – Sylvia Erskine (Exotic #11 HMen Call Her Tramp 1950)
    63 – Triste paradis – Kate Nickerson (Original #729 Street Of The Blues 1952)
    64 – Martha s’ennuie – Arthur Marin (Venus # 134 Doctor’s Wife 1951)
    65 – Jusqu’au crime – Peggy Gaddis (Venus #65 Beach Party 1950)
    66 – Un garçon inoubliable – Norman Bligh (Venus #148 Remembered Moment 1952)
    67 – Les femmes en blanc – Mitchell Coleman (Quarter #84 Born to Be Bad 1951)
    68 – Trop de fric – Frank Haskell (Venus #157 Women’s Doctor 1952)

  • Collection Détective Club

    Petite série policière parue aux éditions du Cep sises au 35 rue de Fontenay à Bagneux, sud de Paris, la collection Détective Club ne comprend que 8 titres.

    Ces petits fascicules parus en 1945 au sortir de la guerre ressemblent un peu à une farce : des textes soit-disant traduits en anglais (cela reste à prouver), des couvertures signées Emmanuel Gaillard (affichiste qui a travaillé un peu pour l’illustration de livres chez Duclos ou Dumas par exemple), des auteurs soit-disant britanniques (cela reste à prouver aussi) qui fleurent bon le gag si on en croit leur nom : Grant, Coburn, Fred Astern…

    Tout ceci ne semble pas bien sérieux ! Mon avis est que cette courte série a été émise pour faire ch… l’éditeur Frédéric Ditis qui venait en Suisse puis en France de sortir sa collection … Détective Club ! (avec la petite chouette, et qui ne propose que des auteurs anglo-saxons).

    Sinclair contre Scotland Yard par George A. Smith
    La Double mort de Mr Brown par Grant J. Coburn
    Le Drame du Studio 13 par Willy Decoll
    La neige sanglante par Grant J Coburn
    La marque des sept par J. J. Box
    On a tué Mr Thursday par William N. Philbert
    Le château de la mort par Arthur W. Pritchett
    Le mystère du Loch Leven par Fred B. Astern

    Les éditions du Cep produiront aussi une longue série de fascicules sentimentaux, la collection « Les Romans de la vie ».

  • Editions CPE – Suite et fin

    Nous avons déjà parlé de la Compagnie Parisienne d’Edition dite CPE grâce aux collections Agent spécial, Eros, La Mante, Orages, Sélections fantastiques et Westerners (voir le blog).

    Afin de boucler la boucle, il reste à parler de trois petites séries policières et érotiques qui n’ont – semble-t-il – pas eu le succès escompté…

    On commence par la Collection La Guêpe en 1950 qui ne comprend que trois titres :

    On remarquera que certains ouvrages des Editions du Faucon noir reprennent de manière étrange une présentation identique deux ans plus tard…Merci Mr Dermée !

    La fille aux combines par Jacques Auburtin 1950
    L’assassin ne frappe que la nuit par François Richard
    Le mystère de Ram’s Park par André Keraudren

    _______________ 
    Parlons ensuite de la Collection Le Frelon parue en 1950-51. A ma connaissance, c’est l’une des seules séries dite populaire qui parle de l’amitié virile entre hommes (on ne parlait pas d’homosexualité en 1950). Les titres sont gentiment évocateurs.

    L’amour ne s’apprend pas par René Poscia 1950
    Y en a peu comme ça par René Poscia
    Laissez les filles au vestiaire par Maurice Périsset 1951
    Les mâles sont les plus forts par Jacques Auburtin
    La boite à matelots par Maurice Périsset

    __________________ 
    Enfin une mini série appelée Collection Pic parait elle aussi en 1950 avec seulement deux ouvrages et une double présentation pour le premier titre :

    La voluptueuse aventure par René Duprat 1950
    Et la vierge s’est donnée par Henry Deletang (bien paru et à trouver !)

    ________________________

    Et pour finir, un livre un peu seul dans cette production foisonneuse avec une belle couverture signée Jean Saunier en 1950 :

    Diane de Guéridor par Jacques Auburtin
  • J’irai cracher sur vos tombes

    Voici certainement une des plus belles curiosités éditoriales des années cinquante.

    A la demande de Jean d’Halluin qui vient de monter les éditions du Scorpion, Boris Vian écrit durant l’été 1946 lors de deux semaines en vacances en Vendée « J’irai cracher sur vos tombes » (1). L’ouvrage devait s’intituler « J’irai danser sur vos tombes » mais Michelle sa femme lui fait rectifier le titre, plus percutant. Il prend pour se protéger le pseudonyme de Vernon Sullivan dont il se dit le traducteur.

     1. Editions du Scorpion, EO du 8 novembre 1946

    Sortie le 8 novembre 1946 aux Editions du Scorpion (120 exp. sur Lafuma Navarre annoncés mais jamais imprimés). L’ouvrage est traité de bassement pornographique par la critique, ce qui en fait un succès (on parle de 110 000 exemplaires). L’ouvrage restera interdit jusqu’en… 1968 !

    Carte de la Sacem de l’auteur, aussi compositeur de musiques, 1951

    On trouve sur certaines rééditions (2) de cet ouvrage la prochaine publication de l’édition originale dont le titre serait en anglais « Ye shall defile and destroy them ». Pour embrouiller le tout, un journaliste américain publie dans Newsweek du 24 février 1947 un article sur Vernon Sullivan qui serait un traducteur noir originaire de Chicago et vivant à New York !

     
    2. Réédition aux éditions du Scorpion, 1946 et 1948

    Par peur d’être condamné pour outrage aux bonnes mœurs, Vian et un ami GI américain Milton Rosenthal font circuler un « faux », traduction en anglais soit disant parue outre-atlantique : I shall spit on your graves, sans mention d’éditeur, très rare (3).

    3. Première version en anglais, sans mention d’éditeur

    On retrouve cette traduction au printemps 1948 sous le label « The Vendôme Press – Paris » (4). En mai 1950, Vian est condamné à 100 000 francs d’amende et trois mois de prison, qu’il ne fera pas.

    4. Seconde traduction anglaise, The Vendôme Press, 1948

    Ce titre se retrouve sur le programme de la pièce en 3 actes écrite par
    Boris Vian et illustrée par 17 dessins de Jean Boullet. La pièce est
    jouée au théâtre Verlaine en avril 1948 (5).

    5. Programme du théâtre Verlaine.

    Afin de faire parler dans le petit milieu des connaisseurs et amateurs, Jean d’Halluin propose en 1948 une édition numérotée sortie à 950 exemplaires sur papier alfa (6) et illustrée par Jean Boullet.

    6. Edition de luxe sur papier alfa

    Elle est suivie par un tirage (de 200 exemplaires réservé aux souscripteurs) aux éditions de Stockholm (7), faussement datée de février 1949 afin de brouiller les pistes. Sans doute par l’éditeur Eric Losfeld. Dos vierge.

     7. Edition de Stockholm, 1949 (mais je n’y crois pas…)

    Des versions dites « pirates » verront le jour quelques années plus tard : vers 1958, une édition parait aux éditions Trompinette (8) (peut-être encore Losfeld – sans preuves pour l’instant).

     8. Edition Trompinette, vers 1958.

    Chez Seghers en 1959 (9) parait le scénario d’un film avec Jean Dopagne. Quelques jours avant sa mort, Boris Vian accepte que la romancière F. D’Eaubonne écrive une nouvelle version de son roman.

     
    9. Editions Seghers par Françoise d’Eaubonne, 1959.

    Ironie de la vie, Boris Vian décède dans la salle de spectacle qui propose la première de l’adaptation cinématographique du livre – qu’il désapprouvait profondément – le 23 juin 1959.

    Enfin une édition parue (en 1960 ?) juste après la mort de Boris Vian aux Editions des Gémeaux à Bruxelles, sans date (10). Mystère éditorial !

     
    10. Editions des Gémeaux, Bruxelles, sans date.

    Avouez que l’histoire de cet ouvrage n’est pas banale !
    Je ne vous parle pas des multiples rééditions parues depuis…

    Petite correspondance : Merci à Laure G. d’avoir corrigé mon erreur !