• Collection Cristal

    Publiée entre 1959 et 1961 par les Editions du Champ de Mars alors supervisées par André Guerber, la collection Cristal est le prototype même de la série montée de toutes pièces en piquant des titres et des textes dans d’anciennes collections, et en mélangeant le tout sans aucun respect ni de l’auteur ni du dessin de couverture !

    Collection Cristal

    Ainsi, on note que de nombreux ouvrages proviennent de la série Le Loup aux éditions Thill, de la série Police aux éditions de la Seine, de la collection Détective pocket aux éditions Baudelaire, des éditions Universal Publications, de la collection Epouvante aux éditions de la Corne d’or …

    … bref du pur « Guerber » dans le recyclage de titres provenant de collection diverses, certainement sans déclarer aux ayant-droits la parution de leurs textes originaux sous d’autres titres et d’autres noms… et certains titres se retrouveront à nouveau dans la collection du Moulin Noir quelques années après !

    Je ne vous parle pas des couvertures certainement piquées à quelque série italienne ou espagnole.

    L’étude ci-après a été réalisé par Pfinge : Impressionnant ! !

    1 Vol au cimetière par Véra Carlton
    Vol au cimetière Ellen Edisson Col. Le Loup Ed. Thill

    2 Chante et tais-toi par Fernand Trignol
    Satan est là Col. Détective-Pocket n°1
    Vaisselle de fouille Trignol Col. Police n°2 Ed. de la Seine
    Ne compte pas sur le sursis Buddy Wesson Col. Moulin Noir n°35

    3 Dernière rafale par Julien Savel

    4 Dix ans de frigo par Leslie Huxon
    Dix ans de frigo Leslie Huxon Col. Service Secret n°44 Ed. Champ-de Mars
    Leslie Huxon ou Frankie Carnis (en page de titre) : Dix ans de frigo Best seller noir n°2 Ed. Thill
    Intrigue parfaite Leslie Huxon Col. Detective-Pocket n°11

    5 Passage pour l’enfer par Douglas Lloyd
    Passage pour l’enfer /Clark Carrados Col. Le Moulin Noir n°42 Ed. Champ-de Mars
    Les morts se conservent au frais Ralph Merced et Jack Steamer Col. Service secret Ed. de La Seine  n°4
    Les morts sont discrets Col. Service secret n°39
    FBI contre FBI Ch. Mitchell Col. Service secret Ed. Baudelaire n°50

    6 Visa pour la honte par Anton Schaffer

    7 Six balles dans la peau par David Horton

    8 Mauvaises passions Untermeyer Walter Jr
    Même titre – col. Cristal n°8 Ed. Champs de mars – 1962
    Donne-moi cette femme de William Ard  Col. Detective Pocket n° 3 Ed. Baudelaire – 1963

    9 Concours de circonstances par Robert-Georges Méra
    Concours de circonstances Robert Georges-Mera Commissaire Renaudin Ed. La Corne d’or n°5

    10 La rafale est partie par John Lewis John

    11 Le cadavre encombrant par A. Curtiss

    12 La mort aux vifs par Ergé Hemm
    La mort aux vifs Robert-Georges Méra Col. Epouvante n°3 Ed. La Corne d’or

    13 Ni plomb ni couronne par Jean Raynal
    Visa sans retour Clarck Carrados Col. Service secret n°49

    14 La tête du coupable par Robert-Georges Méra
    La tête du coupable Robert Georges Méra Commissaire Renaudin n°4 Ed. La Corne d’or

    15 Aventure à minuit par Bill O’Connor
    Aventure à minuit  W. Catanzaro  Col. Le Moulin Noir n°46 Ed. Champ-de Mars

    16 A qui se fier ? par Andy Knight
    A qui se fier ? Robert-Georges Méra Col. Espionnage Ed. La Corne d’or
    A qui se fier ? Irving Le Roy Irving Col. L’Aventurier n°82 Ed. Fleuve noir

    17 Renaudin à Chicago par Robert-Georges Méra

    18 L’agent double par Ed Jones
    Aller sans retour Col. Detective-pocket n°18 Ed.Baudelaire

    19 La panthère noire par James Mason
    Opération S.O.S. Curtiss Richard Col. SOS n°4 Ed. Baudelaire
    La panthère blonde  Donald Curtiss Col. Service secret n°40 Ed. Baudelaire

    20 Documents à vendre par Robert-Georges Méra
    Du cirage dans le brouillard Elvis Martin Col. SOS n°9 Ed. Baudelaire
    Cadavre à louer Keith Luger Col. Service Secret n°43 Ed. Baudelaire
    La rouquine Flamboyante Herbert Ghilen Col. Super crime Éd. du Bois de Boulogne
    La rousse vous incendie Herbert Ghilen Col. Service Secret n°9 Ed. de la Seine

    21 Existences à liquider par Andy Knight
    Existences à liquider Robert-Georges Méra Col. Espionnage Ed. La Corne d’or

    22 Cinq minutes après minuit par E.S.Brown

    23 Terreur noire par Bill O’Connor Bill

    24 Bombe mortelle Dominique Taven

  • Editions Rouff, Aventures policières

    La collection Aventures policières parait en 1937-38 aux éditions Jules Rouff, vieille maison installée au 8, boulevard de Vaugirard à Paris 15°, alors sous la direction de Frédéric Rouff, fils du fondateur.

     n°1 à 20

    Outre les auteurs français incontournables de ces 40 petites histoires policières comme Paul Darcy, Léonce Prache son épouse ou Marguerite Geestelink, la série a la particularité d’accueillir des auteurs anglais traduits, ce qui est classique pour des collections de romans mais pas si courant pour des fascicules de 32 pages.

    n°21 à 40 (manque le n°26 !)

    Chaque samedi pendant un an paraissent donc ces historiettes, illustrées par l’incontournable Jean Saunier, ainsi qu’Henri Armengol, prolifiques illustrateurs de talent.
    A découvrir…

    1. Le meurtre de la rue Hastings par C. H. Wade
    2. Le ticket de métro par Emile Pagès
    3. Le drame du studio 5 par René Duchesne
    4. Le criminel mystérieux par Juliane Ossip
    5. La victime endormie par Charlotte Dockstader
    6. Le drame du Mas d’Orsans par Paul Darcy
    7. La bande du Marquis par Michel Nour
    8. Le mystère de la vallée de Chevreuse par Pierre Monnot
    9. La huitième édition par Nelson Dream
    10. L’anneau de verre par Delphi Fabrice
    11. Blazac, cambrioleur amateur par René Duchesne
    12. Dans les griffes des gangsters par Jacques Faure
    13. Les sept et demi par Jean Créteuil
    14. Cent mille francs ont disparu par Paul Darcy
    15. Qui a tué ? par Pierre Monnot
    16. La cachette mystérieuse par Frédérick B. Hamilton
    17. L’affaire du rapide 23 par Eck Bouillier
    18. L’attaque du pont de Sèvres par Léonce Prache
    19. Un cri dans le brouillard par Félix Léonnec
    20. Le marchand de pain d’épice par Jonathan B. Cumberly
    21. Le vol de la banque Merville par Robert Lortac
    22. Le geste accusateur par Emile Pagés
    23. L’agent HV 16 du 2e Bureau par René Duchesne
    24. La vengeance du singe par Lonsdale Thornston
    25. L’étrange idée de l’inspecteur Ward par Jacques Faure
    26. La ferme rouge par Jean Laurent
    27. L’agence Bakerson par Eck Bouillier
    28. L’homme double par Gabriel H. Massingham
    29. L’affaire Daby par Léon Tessé
    30. Les vingt mètres de corde par Léonce Prache
    31. L’inconnu de la nuit tragique par Michel Nour
    32. La statuette d’or par Juliane Ossip
    33. L’étoile des gangsters par Marguerite Geestelink
    34. Monsieur Bisouard a disparu par Max Danset
    35. La boîte de fer-blanc par Michel Nour
    36. Le collier de perles par Bryan Preston
    37. Le tableau de Van Dyck par Paul Darcy
    38. Le mystère du rapide par Félix Leonnec
    39. Les bijoux du Grand-Duc par Félix Celval
    40. Le mannequin de cire par Stanley Slinger

    Indice 7/10.

    Merci à Gilles Barillier pour avoir complété ces visuels.

  • Revue Galaxie

    C’est l’écrivain et éditeur Horace Léonard Gold (1914-1996) qui fonde en 1950 la revue Galaxy Science-fiction. Surfant sur la nouvelle mode des romans d’anticipation, la revue propose des nouvelles et des articles des auteurs de science-fiction alors peu connus, comme Isaac Asimov ou Robert Silverberg.

    Le n°1 est publié en octobre 1950, les sorties mensuelles se poursuivent jusqu’à la fin 1958, puis deviennent bi-mensuelles.

     Les 25 premiers numéros US – n°1 Octobre 1950

    Les illustrateurs américains sont devenus au fil du temps des artistes vénérés outre-atlantique. On reconnait au fil des dessins de couverture Emsh (Edmund Alexander Emshwiller), Mel Hunter (Milford Joseph Hunter), Schomburg (Antonio Alejandro Schomburg) et encore René Vidmer, Chesley Bonestell, Dick Francis …

    ___________________

    Trois ans plus tard parait en France la revue publiée par les éditions Nuit et jour, 14 bd. de la Madeleine à Paris, sous la direction artistique de Pierre Lagarrigue. Sans doute influencé par les éditions du Fleuve Noir qui cartonnent avec leur série Anticipation, la revue Galaxie Science-fiction propose des traductions littérales relativement mauvaises des articles américains, agrémentés rarement de textes de romanciers français.

     
     Les 25 premiers numéros Français – n°1 Novembre 1953

    La série reprend les couvertures des éditions américaines dans un désordre éloquent, on regrette que l’illustrateur Brantonne ne se soit pas régalé à les illustrer.

    Indice 4/10.
    Curiosité : le n°13 est signé n°1 sur la couverture, puis on retrouve ensuite le n°14. Sans doute une tentative de renumérotation avortée…

  • Bibliothèque Nelson

    Les éditions Nelson sont parmi les plus prolifiques de la première moitié du XXème siècle dans le monde. On prétend qu’elles ont publiées autant de livres que d’étoiles dans la voie lactée, ce qui est à peine exagéré !  Apparues vers 1910 en France, la grande collection Nelson (qui compte 453 titres) est dirigée par Charles Saroléa, directeur de la section Française à l’Université d’Edimbourg.

    Après un an de collaboration avec Bernard Grasset, l’éditeur écossais décide de voler de ses propres ailes et inonde le marché français de ses petits formats, ce qui rend jaloux nombre d’éditeurs parisiens qui ne savent pas fabriquer d’aussi beau ouvrages brochés à d’aussi petits pris (1fr,25).

    Suivront la collection Victor Hugo (51 titres), et les éditions Lutétia, plus une ribambelles de séries (à découvrir sur ce blog de spécialistes), la collection Bibliothèque illustrée ici en présentation parait en proposant des ouvrages pour un jeune lectorat.
    Nelson n’avait pas peur de faire la concurrence aux éditeurs locaux, et on peut penser que cette collection était destinée à faire du tort à la Bibliothèque reliée de chez Plon.

    On retrouve parmi les illustrateurs de cette série Léo Lelée, Maximilien Vox dessina le célèbre logo du Masque, Jean Routier ou encore Jean Saunier.

    Collection Bibliothèque illustrée (1936-1938)

    1 Paul Arène – Contes et nouvelles de Provence
    2 André Demaison – Histoires de bêtes qu’on dit sauvages
    3 Jacques des Gachons – Gens de France au labeur
    4 Mme Frances Hodgson Burnett – Le petit lord Fauntleroy
    5 Rudyard Kipling – Contes choisis
    6 Owl Grey – Sajo et ses castors
    7 Dr Jean Louis Faure – Au Groenland avec Charcot
    8 Mme Frances Hodgson Burnett – La petite princesse
    9 Léonce Bourliaguet – La forêt sereine
    10 Edison Marshall – De la jungle au grand nord
    11 Charles Dickens- Contes pour le temps de Noël
    12 Andersen – Contes
    13 Jean Tousseul – Contes et nouvelles des bords de la Meuse
    14 Mark Twain – Le prince et le pauvre
    15 Gaston Chéreau – Contes et nouvelles de Gascogne
    16 Johanna Spyri – Heidi
    17 Henri Bordeaux – Contes et nouvelles de Savoie
    18 Jack London – L’appel de la forêt
    19 Lewis Carroll – Alice au pays des merveilles et De l’autre côté du miroir
    20 Erich Kastner – Trois hommes dans la neige
    21 Alexandre Dumas – Histoire de mes bêtes
    22 Edouard Peisson – Gens de la mer
    23 Jules Sandeau – La roche aux mouettes
    24 Daniel Defoe – Robinson Crusoe
    25 Robert Louis Stevenson – La flèche noire
    (…)

  • Cartouche

    On trouve encore en cherchant un peu des masses de « Cartouche Roi des voleurs » publiées chez Fayard dès 1883. En gros volumes, par paires, en paquets de six, cette histoire a été maintes fois rééditée.

    Mais les fascicules sont plus difficiles à trouver. Parus en septembre 1907 chez Fayard et imprimé par la Société anonyme des Imprimeries Wellhoff et Roche, 124 boulevard de la Chapelle à Paris, cette énième réédition se plie aux désirs des lecteurs du début de siècle : de la couleur, de l’action, du suspens, et du petit format facile à transporter.

     Affiches publicitaires pour la série de 1907-1908

    Ecrite par Jules de Grandpré (Jules Beaujoint 1830-1892), journaliste et romancier féru d’histoire, l’histoire de Cartouche est plutôt sanglante. Il faut dire que cet ancien mercenaire allemand (de son vrai nom Garthausen qui sera francisé en Cartouche) ne faisait pas dans la dentelle quand il fallait « écorcher » le chaland…

    Les premiers exemplaires de la série

    La série comprend 38 titres de 32 pages en tout, et est illustrée par Georges Conrad (1874-1936) illustrateur attitré de Fayard et Hachette.

    1 Cartouche
    2 La revanche de Cartouche
    3 L’Homme-mystère
    4 Le mariage de Chant-d’Oiseau
    5 Cartouche en famille
    6 Les héritiers de la peste
    7 Cartouche passe la police en revue
    8 La tentation de Jeanneton-Vénus
    9 Un rendez-vous sanglant
    10 Le chirurgien des voleurs
    11 Tribunal de famille
    12 Le dernier jour d’un condamné
    13 A la Salpêtrière
    14 Cartouche fait la conquête de Mlle Castelet
    15 La police aux abois
    16 L’arrestation de Cartouche
    17 Le mendiant de Montrouge
    18 Au Châtelet
    19 Les derniers jours de la Grande Jeanneton
    20 L’évasion
    21 Pélissier et sa clique
    22 Le secret de l’Anguilleuse
    23 Jeanne au couvent
    24 La ruse de Dom Ramire
    25 Les exploits sanglants de Dom Ramire
    26 Une nuit de noces terrible
    27 Le rendez-vous de minuit
    28 Les tortionnaires
    29 Le chevalier de Jean de Lys
    30 Le couvent des Saints-Anges
    31 Fils de bohémienne
    32 Le capitaine de minuit
    33 Les bouges de Paris
    34 La chambre de torture
    35 Bicêtre
    36 La maison de la pendue du Roy
    37 La revanche du bandit
    38 Le châtiment

    Pas facile à trouver !

    _____________

    Jules de Grandpré est aussi l’auteur de plusieurs autres histoires historiques dont « L’Auberge sanglante de Peirebeilhe » qui sera un véritable succès populaire dans la France entière en 1888, puis réédité chez Fayard pendant plusieurs décennies.

    Affiches publicitaires pour des romans de Grandpré

    Merci à Gilles B. pour ses compléments.

  • Editions La Vague

    Collection policière parue au tout début des années soixante chez la maison d’édition La Vague, et publiée près d’Andrézieux tout à côté de Saint-Etienne.

    Sans doute le début de la collection …

    La curiosité de cette série réside dans le fait que Michel Durafour, homme politique et ancien maire de Saint-Etienne, publie ses histoires sous divers pseudonymes. Il se cache ainsi sous les noms de Cecil Viborg, Rémi Sibel ou Pierre Jardin.

    … réimprimés avec des couvertures illustrées.

    Il semblerait que les premiers titres soient sortis sous couverture couleur avant d’être réimprimés sous des couvrantes illustrées (par qui ?…).
    Il semble aussi qu’au moins une aventure de Pascaline a fait l’objet d’une adaptation télévisuelle dont je n’ai pas trouvé trace.
    Le genre de petite série qui fait partie intégrante de la richesse du polar français, à redécouvrir.

    Indice 5/10.

    552 Un cadavre dans un coffre-fort par Rémi Sibel (1960)
    553 Pascaline mène l’enquête par Pierre Jardin
    554 Qui a tué Jules César? par Just Borel
    555 Un pendu dans le vent par Cecil Viborg
    556 La mort au 421par Rémi Sibel (1961)
    557 Pascaline contre Pascal par Pierre Jardin
    558 7 rue de l’Evangile par Georges Gauthier
    559 L’inconnu du festival par Jean Gabriel
    560 Marches funèbres par Philippe Dieze
    561 Crimes burlesques par Just Borel
    562 Du sang sur le blanc-bleu par Georges Gauthier
    563 A bout portant par Emil Anto
    564 Anges purs par Vincent Lane
    565 Vertige dans la rue droite par Georges Gauthier
    566 La mort a fait long feu par Philippe Dieze
    567 Des bijoux à la mer par Elisabeth Grigny

  • De tout un peu : Curiosa /33

    Ce matin, j’ai sorti des rayons de vieux ouvrages parfois fort rares. Tous publié dans les années 20-30, leurs couvertures interpellent parfois…

    Un fantôme de l’Opéra mi-homme mi-chien, un cadavre à cheval, une belle sans chemise, quelques Gaston Leroux et Maurice Renard à redécouvrir, un fou de la collection « Dix heures d’angoisse » chez Ferenczi… Tout pour passer de belles soirées d’hiver en perspective…

    Indice 8/10
    Nota : Pour des raisons de mise en page, certaines échelles ont étés modifiées.

  • Lady Fantôme

    La « Lady Fantôme » en question, c’est une jeune femme au chapeau orange qui disparait alors qu’elle est la seule a pouvoir assurer l’alibi de Scott dont l’épouse vient d’être assassinée…
    Mais pourquoi plus personne ne se souvient d’elle ?

    Ce livre à suspense écrit par William Irish (pseudonyme de Cornell Woolrich) en 1942 parait chez Fournier-Valdès en France en 1948, traduit par Edmond-Michel Tyl. C’est un grand classique de la littérature policière.

                                     Edition originale 1942                Pocket 1944

    Bizarrement, sur la couverture de l’édition pocket américaine parue en 1944, on trouve un sous-titre en français dans le texte : « Cherchez la femme ».

    Un film sera immédiatement produit par Hollywood en 1944 dirigé par Robert Siodmak (titre en français : Les mains qui tuent).

    Indice 8/10.

  • Edward Brooker

    Etrange que pour l’instant personne n’ait étudié la vie et l’oeuvre de ce romancier… Edward Brooker, de son vrai nom Edouard Ostermann, a publié en 1932 un ouvrage en Allemagne (Achtung !… Gaz ! chez Eden-Verlag à Berlin).

    On le retrouve en 1934 avec un titre publié chez V. d’Ercole, libraire-éditeur à Paris : Le bacille BX766.

     Premier ouvrage signé Brooker

    L’année suivante, il publie deux titres sans doute à compte d’auteur chez la librairie des Vosges où il travaillait :

    Librairie place des Vosges à Paris
    Second titre : La Maison sans fenêtres.

    Puis c’est Georges Ventillard qui édite ses romans policiers à un rythme soutenu : plus de cinquante titres en quatre ans, soit un par mois ! Ce rythme est étonnant, d’autant plus que sur nombre de livres il est précisé qu’ils furent traduits. Alors Brooker écrivait-il en allemand ? Ou avait-il déjà un stock de manuscrits ?

    Son premier titre français réédité chez Ventillard

    … Ou copiait-il simplement des titres existants en les remodelant (en prenant par exemple les romans d’Edgar Wallace ?) Mystère, mystère.. Publier chaque mois un roman de 224 pages n’est pas choses simple, surtout pour un écrivain salarié d’une librairie…

    Edward Brooker était peut être aussi photographe. Est-ce lui qui s’est mis en scène sur les couvertures de ses ouvrages ? Beaucoup de questions sans réponses pour le moment.
    Autre fait intriguant : Brooker invente dans ses romans nombre de noms propres totalement inconnus (Criswold, Somolow, Colpatroz, Pikipili, Mamilloria, Systratis, Ekhampton, Hakawara, Yagawor, Toobo…). Imagination débordante ?

    « Kahlenberg » est le nom d’un bois près de Vienne en Autriche, et « Mischmasch » signifie méli-mélo en allemand, ce qui pourrait nous mettre sur la piste d’une personne d’origine germanique.

    En 1940, Ventillard sort la série Rex comprenant certains romans signés Brooker :

     
    Cinq titres de la Col. Rex

    Il écrit aussi dans la série Minuit sous le pseudonyme de Linton Powell :

    Deux titres de la Col. Minuit

    Pendant la guerre, il arrête le roman policier pour écrire de petites séries d’aventures chez les Editions et revues Françaises (ERF) avec de superbes couvertures colorées signées Robert Dansler : Pao-Tchéou (le Maître de l’invisible), Captain Chester Buxton (du Spécial Squad), Mister Nobody (l’homme au masque de satin), et sans doute Capitaine Bras-qui-venge (la terreur des pirates).

    Revues d’aventures et policières chez ERF

    On retrouve certains de ses textes toujours chez ERF, en compagnie de Léo Malet, Priollet, Nizerolles, Fronval et d’autres dans la collection Carré d’As :

    Quelques titres parus encore chez ERF

    Il disparait de la circulation en 1947 (parti en Australie, parait-il … où on perd sa trace. Pas un seul livre signé Brooker au pays des koalas !). Voici donc un romancier atypique qui a dû vendre quelques tonnes de livres puis s’est arrêté ? Etrange…

    Quelques années plus tard, ses histoires de Pao Tchéou ressortent chez la Société d’Editions Générales (SEG) sous la série Le Maître de l’invisible (1953-1956). Cette série est achevée sous le nom de Sam P. Norman. Peu de chance qu’il ait été au courant !

    La maison
    sans fenêtres (1935)
    Les caisses
    de Monsieur Lissac
    La mort
    vient à 6 heures
    La treizième
    main
    Criswold
    mansion (1936)
    L’énigme du
    Kahlenberg
    L’étrangleur
    La vengeance
    de l’invisible
    Le fantôme
    écossais
    Le squelette
    vert
    Les yeux
    tatoués
    Le mystère
    du paon
    L’onyx de
    Somolow
    Le yacht de
    la mort
    L’amiral
    Corbier (1937)
    La chambre
    mauve
    La machine
    infernale
    Le
    laboratoire du docteur Bass
    Le bacille
    BX 766
    Le cercle
    bleu
    Le club du
    serpent noir
    Le décapité
    Les 7 Colpatroz
    Le marchand
    d’horreurs
    Phare n°313
    Pikipili
    Le secret du
    Mamilloria
    Systratis
    Terreur sur
    Ekhampton
    Trois as
    Cave n°3
    (1938)
    La fille de
    Belzébuth
    Hakawara
    La voix qui
    tue
    Le roi du
    racket
    Le schnouf
    Le pendu de
    Blackport
    Les requins
    d’Hollywood
    Les sorcières
    du malheur
    Zacharie
    Boniface
    Baby-face
    (1939)
    Doc ne
    pardonne pas
    Les veuves de
    l’arsenic
    L’homme de
    minuit
    Mischmasch
    La mouche
    noire
    Le
    prisonnier du Yagawor
    Santa Lonya
    Sigono
    contre la police
    Les
    surprises de M. Boulet
    L’invulnérable
    Toobo

  • René Girier dit « René la canne »

    La vie de René Girier n’a pas été toujours drôle. Né en 1919, il fugue à 10 ans, se retrouve en mason de correction à 14, puis en prison à Fresnes. Sa spécialité pendant la guerre de 40 est le braquage « à vélo ». Mais il ne pédale pas assez vite et se prend une rafale de chevrotine dans la jambe, ce qui lui vaut de boiter et le surnom dans le milieu de « René la canne ».

     René la canne avec des pincettes.
    Photo © Maurice Jarnoux – droits réservés

    Avec Pierrot-le-fou, il braque coffre et banques (en traction avant), il dévalise un train rempli d’or, il fait le projet d’enlever Rita Hayworth, s’évade onze fois de prison… Le 26 janvier 1951, il est mis à l’ombre par le flic Roger Borniche, coincé par surprise à la sortie d’un cinéma.
    Une solide amitié naîtra entre les deux hommes qui s’apprécieront beaucoup par la suite.

    Ses mémoires paraissent chez André Martel en 1952 sous le titre « Chienne de vie », couverture avec un petit dessin de Brantonne. Cet ouvrage existe-t-il avec une couverture illustrée ?

    Ed. André Martel, 1952

    Après sa sortie de prison en 1956, il est embauché par la mère du Prince Rainier de Monaco (alors visiteuse de prison) comme homme à tout faire. Puis René Girier ouvre une librairie à Reims mais retombe pour proxénétisme quelques mois plus tard.

    Ed. de la Table ronde, 1977

    Suite à la médiatisation des mémoires de Borniche, il publie les siennes mais s’embrouille avec son éditeur contre qui il porte plainte. Il finira plus ou moins dans la misère. Chienne de vie …