• Editions S.A.E.T.L.

    La Société Anonyme d’Editions Techniques et Littéraires (S.A.E.T.L.) sise à Vichy en zone libre propose en 1945 une série de fascicules policiers à travers sa collection « Haute Police ».

    Le charme de cette série réside en deux points : d’une part la ribambelle d’auteurs classiques de la nouvelle policière d’avant-guerre tels Max-André Dazergues (et ses pseudonymes), l’inévitable George Fronval, l’incontournable Yves Dermèze, le prolifique Albert Bonneau…

    D’autre part, le melting-pot d’illustrateurs qui, malgré leurs traits si différents, arrivent à donner une identité visuelle à la collection. Parmi eux, Eugène Gire, Etienne Le Rallic, peut-être André Galland et surprise, Paul Ordner pourtant centré sur le domaine sportif. Il faut dire qu’entre temps, la maison s’était installée à Paris avec le retour de la paix.

    Une belle couvrante de Paul Ordner
    (Pas d’ordre chronologique établi…)

    La mort vient sans savoir par Paul Mystère
    Le pasteur est mort au dessert par Charlie J. Vice
    Soixante-quatre suspects par Max Roth
    La villa tragique par Serge Marèges
    Le maitre de la soif par Michel Avril
    Les mains par Jean Coutray
    Chantage au mensonge par Yves Dermèze
    Le mort qui parle par Serge Marèges
    Traqué dans la neige par George Fronval
    Le pin ensanglanté par Steve Evans
    Le dieu crocodile par Maurice de Moulins
    Condamné à mort par George Fronval
    L’enlèvement de l’outsider par Maurice de Moulins
    Le mort qui fume par Jean Kolb
    Cadavre à l’aube par Berato
    La chambre aux fantômes par Paul Mystère
    L’arche du démon par Bérato
    Trafic d’armes par Berato
    La flèche de bambou par André Mad
    Le collier de la princesse Serge par Albert Bonneaud
    La tête volée par Steve Evans
    Tu assassineras par Alec d’Ayrolles
    Le mousquetaire de minuit par Max André Dazergues
    Alerte à la raffinerie par Gabriel Fersen
    Le coupable inconscient par Max-André Dazergues
    Qui a tué le notaire ? Yves Dermèze
    Un crime au tripot par Claude Valmont
    L’assassin de Loulou Clapier par José de Berys
    La sérénade au fantôme par Michel Dahin
    Meurtre dans le rapide par Paul Mystère
    L’œil de Bouddha par Paul Mystère
    Le comédien détective par Stan Derley
    Un cri dans la nuit par José de Bérys
    Le vol de la central banque par George Fronval
    Un meurtre au studio par Alphonse de Brectouville
    Jours d’épouvante par Henri Schmitt
    Le chanteur florentin Pierre Haumiet
    Aux prises avec les dragons noirs par Germain Fontenelle
    Coup de feu… la nuit par Serge Marèges
    L’espionne amoureuse par Claude Valmont
    Les desperados du Rio Grande par George Fronval
    Scandale au « soleil » par Maurice d’Anyl
    Prisonniers des pirates chinois par Gilbert Flamand
    Soixante-quatre suspects par Max Roth
    Meurtre en coulisse par André Guersant
    L’assassin est mort par André Guersant
    L’énigme de Sumatra par Max-André Dazergues
    Condamné à mort par George Fronval
    Le mousquetaire de Minuit par Max–André Dazergues
    L’atroce prédiction par Jean du Bresis
    Le rôdeur de Valfreneuse par Maurice de Moulins
    Les trois crimes de Monsieur X. par Jean Kolb
    L’homme sans visage par Jean Kole
    Quand la mort se trompe par Sacha Fragor
    L’enquête fait du 100 à l’heure par Pierre Haumiet

    _____________

    La même année sort aux mêmes éditions une série sentimentale, la collection Amour et charme. D’une visibilité identique sur la présentation, elle permet aux mêmes auteurs de placer quelques textes chichement payés dans cette période difficile, et aux mêmes illustrateurs d’avoir quelques gâches.

    (Pas d’ordre chronologique établi…)
    Le bouquet d’illusions par Maurice d’Anyl
    La plus belle interview par Luc Nert
    La plage aux promesses par André Star
    La vie est un rêve par Netty Delance
    L’obstacle par Netty Delance
    L’inconnue d’un soir par André Star
    Une femme abusée par Serge Marèges
    L’amour vaincra par Alys Reinard
    L’enlèvement au désert par André Mad
    Le voleur de cœurs par Yves Dermèze
    Coeur en détresse par Yves Morgat
    Notre pauvre amour par Marcelle Davet
    Myrtile et son mari par Marcelle Davet
    Les cinq filles de Mr Muguet par Marcelle Davet
    Lucette et ses millions par Yves Dermèze
    Scandale à Hollywood par J.F. Saint-Hilaire
    Le rêve de Cendra par Marcelle Davet
    La noblesse d’aimer par Max-André Dazergues
    Pour sauver son bonheur par Yves Dermèze
    Celle qu’il aima par Marcelle Davet
    L’amour tsigane par Clélia
    L’amour revivra par G. de Boissèble
    Pourquoi ? par Luc Nert
    Courir sa chance par Pauline Vamy
    Le relais du bonheur par Pierre Deroy
    L’énigme de la Hêtraie par Jean d’Alvignac
    Un moderne conte de fées par Maurice D’Anyl
    L’éveil du cœur par George Fronval
    La ville d’amour par Clélia
    La joie d’aimer par George Fronval
    Il m’aime… un peu…beaucoup par Jean d’Avril
    Le cheik mystérieux par Marc Niellès
    Fermé pour cause de famille par Henri Schmitt
    L’expiation par Yanka
    J’aime Aliette par Jean d’Alvignac
    L’inconnu du parc de Montjuick par J.F. Saint-Hilaire
    Le dernier vendredi par Edgar Pesch
    Le souffle du désert par Alain Achard

    Une mini-série de deux titres sous la nom de Collection Tendresse et passion vient compléter les tirages.

    L’amour ou la haine par Yves Dermèze
    Trois coeurs de femmes par André Mad

    … et encore d’autres couvertures de cette maison d’édition ici.

  • Eugène Gire, Illustrateur /5

    Magnifique jaquette (… une de plus) d’Eugène Gire, pour les Editions Nord-Sud en 1948 (sans adresse d’éditeur, mais surement une coquille vide de Roger Dermée…).

    Les couvertures présentées sur le blog de cet auteur pour de petites maisons d’éditions d’après-guerre (Le Chardon, SLIM, Moustié, Correa, Continentales etc …) ont toujours une présentation un peu dramatique, avec des couleurs plutôt sombres et des teintes très contrastées. Elles tranchent avec les bandes dessinées pour la jeunesse réalisées à la même période.

    Eugène Gire, de la trempe d’un Brantonne, Dimpré, De Wulf, Ordner (pour ne parler que des plus connus) mérite de l’attention et de la recherche .
    Vous trouverez ici un magnifique travail de Gilles Ratier sur cet auteur…  pour en apprendre plus sur ce dessinateur prolifique. Qui va se dévouer afin d’en faire un beau livre richement illustré ?

    Eugène Gire dans les années 60
  • Eugène Gire, Illustrateur /4

    Encore en passant quelques couvertures d’Eugène Gire …

    Si j’avais plusieurs vies, je ferais volontiers un blog sur ce superbe dessinateur qui a commencé avant guerre à travailler pour l’éditeur de musique Masspacher…

    … On le retrouve en vrac en dans la désordre  pour la S.L.I.M. en 1947, dans la collection Haute Police (S.A.E.T.L.), pour les éditions de la Belle Hélène, pour l’éditeur Panama, dans la collection Rapid’Police … bref on a pas fini d’en trouver encore dans l’avenir …

    Un illustrateur à (re)découvrir, déjà évoqué maintes fois sur le blog


  • Collection Le Chat Noir

    Collection faisant partie des Editions du Chardon, basée à Paris au 13, rue Théodore Deck (15°) et qui ne semble pas avoir de rapport avec les éditions du Chardon (de Roger Dermée) déjà évoquées ici… A moins que cette maison ne fût rachetée quelques années plus tard par lui !

    Des quelques ouvrages parus entre 1946 et 1949, celui-ci est le seul à posséder une couverture illustrée par Eugène Gire. L’illustration est superbe, toute en couleurs et à la limite du surréalisme.

    Les auteurs sont deux journalistes qui réalisent une enquête à charge contre mes magistrats de cette époque troublée d’après-guerre. Il semble y avoir un autre titre dans cette même collection, Le Drame de Kings Road d’un certain Eric J. Certon (Frédéric Certoncini – voir Le Cobra).

    Indice 6/10.

  • Editions Panama

    Maison d’édition parisienne basée au 10, rue de Panama, puis juste à côté au 47, rue Doudauville (18°), qui publie à partir de 1949 de petits ouvrages à vocation érotique. A partir de 1954, elles deviennent les éditions Libertines pour quelques titres.

    La curiosité de cette collection est, d’après le dictionnaire des ouvrages et journaux interdits, qu’aucun de ces livres n’a été censuré, ce qui semble surprenant dans la contexte de l’époque. Pourtant, nombres d’entre eux ont bien été envoyés au dépôt légal …


    Il n’est pas interdit de penser que certains ouvrages aient été écrits par le même auteur, l’éditeur Georges Ratier, sous différents pseudonymes. Les couvertures sont tirées de photographies coquines d’après guerre, ou magnifiquement dessinées et anonymes, mais Eugène Gire ne semble pas loin … bien qu’il signait très souvent ses dessins.
    Enfin, certains titres possèdent jaquettes illustrées et jaquette photo.

    Ouvrages fragiles, peu courants. Indice 8/10.

    1949
    Jacques des Linettes – Chairs noires
    Daniel Thomasson – Les cultes érotiques et leurs dépravations
    Jacques des Linettes – Ivresses charnelles
    Lucien La Vallée – Suprêmes félicités
    Alain Bérigny – Esclave du plaisir
    Jean Grinemil – L’école des caresses
    Gaston Montho – Les détraqués de l’amour

    1950
    Jacques des Linettes – Quand la chair s’éveille 1950
    Georges Ribourg – Puberté voluptueuse
    Alain Berigny – Troublantes voluptés
    Jean Grinemil – Entre amies
    Jacques de Linettes – Nini à Lesbos
    Gaston Montho – Brin d’amour, Homme du milieu
    G. Roberty – La perverse inassouvie
    Alain Bérigny – Monique et son pucelage
    Jacques des Linettes – Vibrante et voluptueuse
    Jean Grenemil – L’appel du plaisir
    Louis Cannet – Maîtresses imprévues
    Edouard Charney – Chairs en folie
    Lucien La Vallée – Perversités
    X – Délires sensuels
    X – Les perverties
    Daniel Thomasson – La bible de l’amour
    Jean-Louis Quesnot – Nuits d’orgie
    Georges Ribourg – L’appel de la femme

    Editions Libertines
    Jean Grinemil – Amants à l’essai
    X – Les femmes galantes et leurs amours
    Graf Roth – L’école des caresses

    Sans date
    Roger Santeuil – Le démon de la chair
    Georges Ribourg – Margot du Sébasto
    Fabrice – Amours de femmes
    Georges Ribourg – Le vice de Lily
    Fabrice – L’homme qui donnait la volupté
    Ovide – L’art d’aimer
    Fabrice – Quand le désir commande
    Fabrice – Liens charnels
    X – La villa des caresses
    X – Amours en croisière
    X – L’homme qui violait

  • Editions S.A.E.T.L.

    La Société Anonyme d’Editions Techniques et Littéraires (S.A.E.T.L.) voit le jour à Vichy en 1942, et fait imprimer ses revues à Nice. Dès 1943, en pleine guerre, elle fait paraître les collections 22 Police, Aventure et action et Haute Police (voir ici).

    Rapid Police

    Fin 1945, elle migre dans la capitale et s’installe rue Lord Byron, près des Champs Elysées, et publie trois petites séries, les collections Rapid Police, Nos Deux coeurs et Risque tout. Il semblerait que S.A.E.T.L. soit à l’origine dès 1946 des éditions Duclos puisqu’elles sont à l’origine d’une même collection, Batouk.

     Nos deux coeurs

    Le point commun à ces titres est l’omniprésence de Max-André Dazergues (1903-1963), André Mad, André Madandré ou André Compère, seul et même romancier lyonnais qui arrosait alors la France de ses textes sous une foultitude de pseudonymes …


    Risque tout

    Les couvertures sont dessinées par les « pointures » de l’époque travaillant en atelier sur Paris, René Brantonne, Eugène Gire et Paul Ordner.

    Collection Rapid Police (1945)

    1 Le drame de l’Opéra de Nice – Edmond Romazières
    2 Le bouddha de porcelaine – André Star
    3 Café du barrage – Max-André Dazergues
    4 Enquête policière au Maroc – Alba D’Oro
    5 Vengeance de frère – Edmond Romazières
    6 Dans les geôles de Torquemada – Serge Marèges
    7 Café du barrage – M.A. Dazergues

    Collection Nos deux coeurs (1945)

    1 Le lac aux rêves – André Star

    2 Première tendresse – André Star
    3 La fiancée éplorée – Yves Dermèze
    4 La dame du pédalo – André Mad

    Collection Risque tout (1945)

    1 Le Vert-Galant – Paul Mystère
    2 Les amours de Vif-Argent -Paul Mystère
    3 La fille du roi Henri – Paul Mystère
    4 Assassinat sous la tente – Paul Mystère
    5 Le temple de la mort – André Mad
    6 Pour sauver le roi soleil – Jean Werner
    7 Le temple de la mort – André Mas
    8 L’atoll maudit – André Star
    9 Robinson des neiges – André Madandré

    Merci à Paul Maugendre pour son aide.

  • Eugène Gire, Illustrateur /3

    Pour terminer sur cet illustrateur de génie, encore quelques belles couvertures d’Eugène Gire :

    On reconnaitra les Editions Diderot et Boursiac, des partitions de musique et une drôle de petite série aux Editions Panama, non signées mais le trait est là.
    Et puis deux curiosités aux Editions du Chat vert ainsi qu’aux éditions Nicéa signée E.G.

    Indice 6/10.

  • Jacques Auburtin + Eugène Gire 1948

    Je ne peux vous cacher plus longtemps cette superbe jaquette dessinée par Eugène Gire en 1948 pour les Editions Continentales (Roger Dermée ?) à Paris.

    Comme les précédentes (voir le blog), cette illustration de Gire (1906-1972) reste proche de la bande dessinée, il fera d’ailleurs dans ce domaine une brillante carrière.

    Jacques Auburtin est un romancier ayant travaillé pour les Editions du Globe, la collection Parme (Arabesque), la Compagnie Parisienne d’Edition, la collection « Votre roman noir, Madame« , ainsi qu’un titre aux Editions Franco-Belges. Il écrivit principalement des livres policiers et érotiques dans les années cinquante.

    Indice 6/10.

  • Batouk

    De la bande dessinée d’époque maintenant avec en présentation la série « Batouk » créée entre 1945 et 1946 aux éditions S.A.E.T.L.I. puis aux éditions Duclos à Paris.

    Les textes sont de Max-André Dazergues et les illustrations de couverture et dans le texte d’Eugène Gire (voir le blog précédemment).


    De son vrai nom André Compère (1903-1963), ce romancier prolifique écrivit une tripotée de textes sous plusieurs pseudonymes (entre autres André Mad, André Madandre ou André Star) et débitait tellement d’écrits qu’on le soupçonna même d’être un pseudonyme de Georges Simenon … C’est vous dire ! Il sévit beaucoup dans de petites maisons d’éditions parisiennes et lyonnaises, ses textes sont innombrables (plusieurs centaines) et peu recensés jusqu’à présent.

    Il participa aussi indirectement à la mise en orbite dès 1940 du jeune Frédéric Dard pour qui il fît la préface de son premier opuscule (La peuchère – Lugdunum).

    Revue encore trouvable, 18 titres parus, indice 4/10.

    1. Le sultanat de Sokoto
    2. L’Amazone du Niger
    3. Les nuits de Porto-Novo
    4. Le trésor des Achantis
    5. L’homme du Togo
    6. Le lac des trois lunes
    7. Le fantôme de la mine d’or
    8. L’île des léopards
    9. Du sang dans la brousse
    10. Le mystère de la cataracte
    11. Les étrangleurs du Dahomey
    12. Tempête sur la Côte des Esclaves
    13. Le secret de Batouk
    14. La gondole aux sorciers
    15. Les nains du Sankourou
    16. La princesse du Transvaal
    17. Les pirates du Lac Victoria
    18. La retraite de Batouk.

  • Eugène Gire, Illustrateur /2

    Poursuivons et terminons l’aperçu de la vie de ce dessinateur par les bandes dessinées. En effet, Eugène Gire produisit des livres pour enfants qui eurent beaucoup de succès à l’époque :

    Vous reconnaitrez « La pension Radicelle » (777 épisodes depuis 1947 !), « Pic-Nic » ou « Huipatte et Hurrar » les deux vaillantes souris qui hantèrent les dessous de lit des chenapans d’après guerre.

    Encore facilement trouvables et même édités de nos jours.